Bonsoir à toutes !

Ces derniers temps, j'ai beaucoup négligé mon blog... La raison est bien simple : le personnel de la clinique où je travaille, était en grève. J'ai fait partie des grévistes, première expérience de ce type pour moi.

Notre grève a débuté le 20 juin. Il y a quelques mois, notre direction, après l'obtention de l'accréditation (label de qualité), a décidé qu'il était temps de faire des économies. Nous nous sommes tous donnés à fond pour cette accréditation, apprenant des textes rébarbatifs par coeur, assistant à des réunions, effectuant des formations, s'impliquant dans des groupes de travail... Nous n'avons pas compté notre temps, venant travailler même sur nos jours de repos (heures récupérables, bien sûr). C'est que nous avons déjà passé plusieurs fois, avec succès, des accréditations, et là aussi, nous tenions à obtenir notre label. Nous l'avons eu. Haut la main, car les points négatifs, lors de la dernière accréditation, ont été jugés positifs. Nous étions tous fiers de notre travail. Au lendemain des résultats, la direction nous a appris que, maintenant, il fallait faire des économies. Comment fait-on des économies dans une entreprise ? En rognant sur le personnel et en supprimant certains acquis financiers, pardi ! C'est ce qui a été fait ou est en projet. Dans chaque service, 1/3 du personnel a été supprimé, alors que le nombre de nos patients (psy) a été augmenté. Nous avons des patients lourds, difficiles à gérer quelques fois et en demande permanente d'écoute. Or, avec cette réduction de personnel, nous arrivons à peine à faire les soins techniques, dans un établissement où les soins relationnels sont plus qu'importants, où la surveillance doit être permanente ! Tout le monde se souvient encore des 2 soignantes décapitées à Pau, par un patient en pleine crise !! Nous avons donc décidé de cesser toute activité, avec pour revendication une augmentation du personnel et le maintien de nos acquis. La grève a été bien suivie. Malheureusement, notre direction, bornée, ne savait dire qu'une chose "nous ne négocions pas sous la pression". Nous avons donc repris le travail aujourd'hui, après 12 jours de grève. Nous avons été épaulés par un syndicat. Les membres sont venus en force pour nous aider, nous conseiller. Nous avons remué ciel et terre, faisant intervenir l'ARS, une sénatrice, un député etc... Nous sommes passés à la télé, des articles ont été écrits sur nous dans les quotidiens régionnaux. Dans l'immédiat, nous n'avons pas obtenu satisfaction, mais nous avons repris le travail dans l'espoir que les négociations vont réellement avoir lieu.

Nous avons repris la tête haute, nous avons eu assez de tripes pour tenir tête à notre direction, nous ne regrettons pas un instant ce conflit et si nous n'avons, pour l'instant, rien obtenu, nous sommes fiers de ce que nous avons fait. Nous avons fait une grève "propre", sans cris, sans violences, sans dégâts. Nous avons le sang chaud, dans le Sud, mais nous savons nous tenir, ce qui a, semble-t-il, étonné notre direction !!!!

Je remercie toutes les personnes qui nous ont soutenus moralement, par le biais de messages sur divers forums, par mails, par signatures sur notre pétition.

Je remercie nos patients qui, eux aussi, de leur propre initiative, ont fait une pétition, qui ont demandé une réunion auprès de la direction afin d'exprimer leur mécontentement et qui chaque jour, venaient nous voir au portail pour nous dire de tenir le coup.

Je remercie les membres de notre syndicat, venus en force, nous aider, moralement et financièrement.

Je remercie tous les médecins, les passants, les voisins de la clinique, les employés de l'entreprise de maçonnerie qui travaillent à la clinique qui nous ont soutenus moralement et matériellement par des dons alimentaires ou financiers.

Et enfin, je remercie tous mes collègues de travail, qui se sont investis dans cette grève, malgré des difficultés financières déjà existantes et qui vont augmenter ces deux prochains mois.

Merci à tous ! Vous avez été formidables !

Une petite photo de notre groupe :

grève clinique